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MAYA : raccourcir le délai

MAYA, une statue ? Most Advanced Yet Acceptable a été « imaginé » par Raymond Loewy pour réussir dans un délai volontairement trop court. Imposer un délai trop court est une condition de réussite d’un projet ! Raymond Loewy, designer du Streamline, il dotait l’Amérique des années trente à soixante-dix de formes aérodynamiques pour des industriels pressés de gagner plus et de vendre toujours plus.

MAYA : raccourcir le délai de chaque étape d’un projet

L‘Avanti,  voiture de sport révolutionnaire de Studebaker, a été imaginée, dessinée et développée en un mois, du 19 mars au 27 avril 1961. (page 180 Design industriel) Le développement d’une voiture aujourd’hui prend deux ans… Loewy a pratiqué la règle des « 3 unités « pour réussir ce « pari fou » :

L’unité de lieu : « un deux-pièces dans le désert où les trois designers…pourraient travailler et dormir »

L’unité d’action : « J’ai nommé Johnny Ebstein, un excellent designer et organisateur, responsable du projet. Sa tâche consistait à maintenir ses deux collègues dans la ligne de l’objectif imparti. »

L’unité de temps : imaginer, dessiner et présenter une maquette grandeur réelle en un mois –  19 mars/27 avril 1961. (page 180 Design industriel Chêne)

MAYA fait gagner du temps et de l’argent : « Pour l’Avanti, une grande partie des dépenses a été consacrée aux billets d’avion entre la Californie et l’Indiana, plus quelques caisses de champagne aux moments opportuns. »

MAYA : les trois secrets

1 – Définissez 1 objectif clair et unique : « Développer une voiture de sport révolutionnaire en un mois ! » Ce projet est une « brève histoire qui finit bien ». Les designers considèrent l’Avanti comme la DS, une voiture unique.

2 – Investissez le « temps contraint « totalement » 24 heures sur 24 : le choix du « désert » de Palm Springs en Californie crée un « isolement » naturel et renforce l’obligation de travailler. Il n’y a rien à faire d’autre !

3 – Limitez  à 3 le nombre de vos collaborateurs !

Imposer un délai trop court est une condition de réussite d’un projet !

Le délai de route est utile

Le délai de route définit le temps de trajet nécessaire pour se rendre à un rendez-vous. Le délai de route fait gagner le temps de mise en route. C’est un temps utile. Dans l’administration il est compté et payé. Dans la vie courante, cette notion est occultée, oubliée ou méconnue de manière consciente ou inconsciente.

Le délai de route fait gagner le temps de mise en route

Se rendre à un rendez-vous demande un temps incompressible, mesurable et utile.

Un temps incompressible : la téléportation et le don d’ubiquité, sont, pour le moment, de l’ordre de l’imagination.

Un temps mesurable : l’expérience, c’est à dire la répétition d’un trajet mesure un délai standard. A Paris, j’utilise trois délais standard : 15 minutes dans l’arrondissement, 30 minutes pour traverser la moitié de Paris, 60  pour parcourir les 10 kilomètres de la Porte d’Auteuil à La Nation en bicyclette, en respectant les feux rouges !

Un temps utile : le délai de route est utile, sans objet défini, propice à la réflexion et à la préparation mentale de votre prochain rendez-vous. Votre interlocuteur « enchaîne » des tâches sans interruptions… Cette préparation fait gagner 20% du temps en supprimant le temps de « prise de contact » et le « De quoi s’agit-il ? ». Vous le savez déjà !

Les trois stratégies de fuite : occulter, oublier, méconnaître

Le Narcissique occulte « son » délai de route et « impose » son « retard » assumé et systématique à son interlocuteur. L’occultation fonde le « pouvoir sur » et accroît la dépendance.

Le Distrait oublie le « délai de route ». « Fâchée » avec l’heure, elle vit un temps intérieur dont la durée est plus longue.

La « victime » le  méconnaît, le « sous-estime », ne le valide pas…Et se plaint publiquement !

Le délai de route définit le temps de trajet nécessaire pour aller à un rendez-vous. Paradoxalement utile, le délai de route utilisé à réfléchir, fait gagner le temps de mise en route.