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Une thérapie en une séance et en neuf mots

Les thérapies brèves durent plus d’une dizaine de séances. L’approche radicale de François Roustang se limite à trois séances au plus et à une ou deux phrases allant à l’essentiel. Ce thérapeute  fait « réellement » confiance à son patient et s’appuie sur un mot : acceptation dont il est possible de tirer deux enseignements : choisir la vie, vivre sa vie. Eviter de « passer » son temps dans le passé à la recherche de causes et de coupables qui sont déjà morts symboliquement et réduits à l’état de « fantasme ».

Choisir la vie !

Comme Simone Pacot, une thérapeute qui s’est occupée de drogués et de personnes suicidaires, François Roustang pose la condition sine qua non à chacun(e) de ses patient(e)s de choisir la vie. Parce que nous sommes des êtres libres et mortels, nous avons le choix solitaire et vertigineux de « dire oui à la vie ou « oui à la mort ». Ce choix détermine les autres. Cette question semble évidente à tous ceux qui « vont bien », sont « heureux de vivre » et vivent « sans se poser de question ». « Les gens heureux n’ont pas d’histoire »…

Vivre sa vie !

Vivre sa vie sans se poser – trop – de questions ! A une patiente victime d’un avortement, d’un mari volage, d’une relation fusionnelle avec ses enfants, François Roustang affirme : « Attendez madame, vous allez très bien. Vous êtes vitale. » Une thérapie en neuf mots ! La patiente sort frustrée de l’unique séance et l’adjectif « vital » lui redonne confiance. Elle dit : « Oui, j’étais vivante ».

 

En résumé, pour aller de mieux en mieux, éviter de perdre du temps à rechercher les causes, accepter de ne rien faire, écouter une affirmation de neuf mots sont les trois secrets d’une thérapie efficace. Accepter la situation, choisir la vie et vivre est la solution qui fait gagner du temps.